Site Lavigerie des Missionnaires d'Afrique (Soeurs Blanches et Pères Blancs belges)
PHOTOS SERVICE
40 Years of
missionary service


1965-2004
 
1. - Origine (1934 - 1968)
 
   
  Léon LeloirGrands Lacs
Le "Photos Service" a commencé presque spontanément.
Après la mort tragique du légendaire Père Léon Leloir, et quelques remplaçants méritants, le Père Vincent de Decker prenait la direction de "Grands Lacs". Déjà avant la guerre (le titre débutait en 1934), la revue se présentait souvent comme un véritable livre. On y abordait un important dossier sur un pays ou une région de l'Afrique. Beaucoup de texte avec quelques graphismes en vignettes N+B ou, plus tard, avec des encarts de photos en héliogravure sépia. L'idée d'en faire un grand illustré avait naturellement mûri, avec la reprise générale de la presse et l'évolution rapide des techniques en matière de reproduction photo. Après 20 ans, amputé des 4 années de guerre, il fallait que la revue fasse peau neuve. En 1954 le premier numéro "grand illustré" sortit de presse. Ce fut un coup réussi. Il faut dire que le Père Vincent avait horreur de l'amateurisme. Il voulait que son "Grands Lacs" soit aussi bien présenté que les plus belles revues de l'époque. Pour cela il avait contacté les "reporters photo" les plus réputés, comme Almasy à Paris et Allan Cash à Londres. Dorénavant le rôle des photos ne serait plus ancillaire. Seulement, pour bien faire, on avait besoin d'une cinquantaine de clichés par numéro ! Même avec les "copyrights" raisonnables d'alors, ce n'était pas une mince affaire.
     
 
Grand SafariEn 1957, une occasion se présenta. Il fallait fournir de la documentation photo actualisée pour le pavillon missionnaire lors de l'exposition universelle à Bruxelles l'année suivante. Le Père Vincent de Decker partait donc, en compagnie d'un photographe professionnel anversois, pour un "Grand Safari" d'Ouest en Est à travers le centre du Continent africain. C'est là, qu'il apprit son métier. Ils se servaient de caméras "Hasselblad" et "Rolleiflex" en format 6x6 cm, exclusivement en N+B, la couleur étant encore à ses débuts et très peu stable à l'époque. Après maintes aventures, l'équipe revenait avec plus de 5000 clichés. Seulement le père devait apprendre à ses dépens, qu'un professionnel ne se sépare jamais de ses négatifs. Il a donc encore dû racheter par la suite les négatifs de son périple. Apprentissage coûteux mais somme toute réussi ! Il allait le faire tout seul dorénavant ! Le "Grand Safari" est entré dans la légende de "Grands Lacs", qui allait d'ailleurs se transformer en "Vivante Afrique" à l'occasion de l' "Expo" de Bruxelles.

Vivante Afrique
Le succès de "Vivant Afrique" fut tel, que l'on peut encore de nos jours entendre des sentiments de nostalgie à son sujet. La revue (dans la bonne tradition héritée du Père Leloir) se voulait résolument indépendante des congrégations missionnaires et des intérêts particuliers. L'Afrique d'abord, et toute l'Afrique. Une belle impression en héliogravure, une illustration riche et originelle, des reportages "exclusifs" et surtout, une large diffusion en France, en Suisse, au Canada aussi bien qu'en Belgique, en faisait la meilleure publication du genre. C'était une revue remarquable et remarquée, avec un tirage qui permettait même une bande dessinée en couleur (Caravane) à l'intention des plus jeunes. Ajoutons que le Père de Decker y travaillait jour et nuit, sept jours sur sept. Outre les reportages, il en soignait aussi le mise en page, les montages photographiques, la recherche des auteurs et des artistes, la correction des épreuves et... les chicanes avec les imprimeurs !

 
     
 
Au début des années 60, le Père était de plus en plus sollicité par une multitude de gens pour la permission de copier tel ou tel article, et surtout telle ou telle photo dans la revue. Si à cette époque on avait eu des scanners et des ordinateurs, on aurait assisté à un pillage en règle de "Vivante Afrique". A peine avait-il prêté quelques-uns uns des tirages N+B dont il disposait, qu'un autre éditeur voulait emprunter les mêmes images. Ce n'était plus possible. D'où lui venait l'idée de faire des tirages (grand format de presse 18x24) pour tous les intéressés. C'était le début du service photographique. La proposition en 1964, de fournir 150 tirages par an, sélectionnés et annotés, à toutes les rédactions qui voulaient y souscrire, lui valut tout de suite quelques 25 souscriptions. Ainsi le Service a démarré au début de 1965, il y a 40 ans aujourd'hui. Le commencement fut plutôt improvisé. En guise de chambre noire, un petit cagibi mal ventilé fut installé dans le grenier de la maison (chaussée de Charleroi à Namur) du matériel (agrandisseur, cuvettes, papier, produits chimiques, glaceuse) fut acheté et un photographe professionnel venait faire les tirages. La finition incombait au personnel de la maison. Le Père Vincent, comme s'il n'avait pas encore assez de boulot, se chargeait de la vérification des photos (... revoir ses copies n'avait jamais si bien mérité son nom ! ), du tri, des légendes, de l'emballage et de l'expédition. Trois ans plus tard, il avait déjà 50 souscriptions. Il fallait installer une chambre noire professionnelle régulière avec tous les équipements que cela supposait. "On ne lésine pas sur la qualité du matériel"... combien de fois l'a-t-on entendu dire.
Avec les Touaregs  
De toute évidence, l'initiative du Père de Decker répondait à un besoin. Pratiquement aucun magazine ni aucune revue missionnaire de l'époque ne disposait d'une personne compétente en photographie. De nombreux "bulletins" ne pouvaient pas se permettre des photos de qualité. Soit parce que leurs tirages étaient trop modestes, soit parce que les "copyrights" des agences commerciales faisaient monter leurs frais outre mesure. "Africa Films" et les Pères Blancs, s'étaient déjà taillé une solide réputation en la matière.

L'idée de fournir des photos sans droits de reproduction pour les abonnés fut largement appréciée. Surtout les options de base du nouveau service faisaient l'effet d'un déclic. On voulait se cantonner dans le non-commercial, les publications missionnaires et celles des ONG d'aide au Tiers Monde. Les photos devraient être sélectionnées sur base de leur qualité technique ainsi que de leur mérite évocateur de la vie des gens au ras des pâquerettes. Elles devraient être belles et respectueuses, sans mise en scène et sans sensation. Et elles devraient avoir une certaine capacité de "durer" c.-à-d. rester valable en dehors de l'actualité immédiate. Ce fut un choix judicieux, bien en avant sur son temps.

Quand on pense aux développements ultérieurs des techniques de l'image et des moyens de communication, même les plus anciennes photos du Service surprennent encore aujourd'hui par leur qualité et leur véracité.

Mais, revenons à notre histoire.

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