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Les SAINTS dans l’islam
 
Le grand nombre de saints et de saintes représentés, souvent dans une même église, tranche avec la nudité des mosquées. L’islam souligne la transcendance de Dieu, de telle sorte que toute représentation de lui devient impossible.
Certains catholiques oublient que la médiation ne rend la divinité présente que de façon symbolique, c’est-à-dire qu’elle pointe vers Dieu. Quand la médiation est adorée en elle-même, elle devient une idole.
En islam, il n’existe aucune reconnaissance officielle de la sainteté d’un homme.
L’islam est une religion qui rejette la tendance à diviniser les médiateurs.
Les prophètes font exception à la règle, mais ils ne sont capables de faire des miracles que par la permission de Dieu. Mais ils sont habités par une  « protection » divine contre les tentations du démon. Ils ne sont l’objet d’aucune vénération.
Le plus opposé à la vénération des saints est le wahhabisme (Arabie-Saoudite).
Le chiisme et le soufisme le sont moins.
 
 
Le saint, but de la création.

Dans la mystique musulmane (le soufisme) la sainteté est un concept qui ne doit pas être réduit à l’idée de perfection morale de l’individu.
Le saint est quelqu’un qui participe au soutien du monde.
Il est celui qui est près de Dieu, celui qui est son ami intime, celui qui est le but de la création. Dieu crée le monde pour être connu par quelqu’un, et celui-ci est le saint.
Le saint accomplit en lui le fait d’être l’image de Dieu.
Pour cela l’homme doit se vider complètement pour s’habiller des attributs divins.
Cet anéantissement de l’homme fait que finalement seul Dieu existe.
Le but de la création est donc de créer un être capable de cette relation d’identification avec Dieu.
 
 
Les saints, piliers du monde.

Les saints sont les soutiens du monde, car s’ils n’existaient pas, le monde perdrait sa raison d’être et Dieu le laisserait retourner au néant.
Les soufis ont classifié les saints selon leur fonction de soutien du monde.
Le Pôle est le saint principal d’une époque, représenté par la Pierre Noire de la Kaaba (à Mekka). Quand le Pôle meurt, il est remplacé par un autre.
Ensuite il y a la fonction de Pilier. Ils sont quatre, comme les quatre coins de la Kaaba.
A chaque époque on trouve donc un Pôle, quatre piliers et une longue liste de saints qui ont d’autres fonctions.
 
 
Le culte des tombeaux de saints.

MaraboutC’est l’une des principales formes de dévotion musulmane dans le monde turc. Leurs tombeaux deviennent des lieux de pèlerinage pour leurs disciples et pour les sympathisants de leurs confréries.
Cette pratique est largement répandue en Afrique du Nord et dans les pays où l’on trouve des mouvements soufis.
Les chiites vénèrent aussi les tombeaux des grands imams (en Irak).
En Asie centrale, compte tenu de l’éloignement de la kaaba, plusieurs tombeaux de saints jouent un rôle de substitution à l’égard du sanctuaire de la kaaba.

Les saints sont des prophètes bibliques, des héros de l’islam, des soufis, des guerriers de l’islamisation, etc…
Ces pratiques sont naturellement condamnés par l’islam saoudien (le wahhabisme).

Tous les prophètes sont des saints, mais tous les saints ne sont pas des prophètes.
Aussi, les prophètes sont toujours supérieurs aux saints.
Mahomet est le Sceau des Prophètes.
Une autre figure apparaît à ses côtés, le Sceau des Saints, le plus souvent attribué à Jésus : il viendra comme le dernier saint pour juger le monde.
(d’après Jaume Flaquer, Barcelone)
 
 
Sainte Janie
Malek Jan Némati, une kurde d’ Iran, vénérée comme une sainte.

Surnommée  « Sainte Janie », elle vient d’une famille très religieuse. Née à Jeyhounabad (ouest iranien). Sa famille appartient à une secte soufie. Très jeune elle pratique l’ascétisme. Elle devient aveugle à l’adolescence, mais poursuit sa lancée mystique. Elle est disponible pour tous, prompte à aider les pauvres. Tous ceux qui l’ont approchée attestent de sa sagesse, transmise oralement et dans des poèmes dictés.

Elle a vécu en Iran mais est décédée en 1993 à Paris après une opération à cœur ouvert. Elle avait 87 ans. Les autorités islamiques(shiites) d’Iran ont empêché d’ériger un mausolée. Mais elle a son mausolée à Baillou, en France, qui attire tous les ans une foule de pèlerins.
 
 
   
(Texte proposé par le Groupe Rencontre
dans "ANNEXE Nuntiuncula n°645 - août 2007)
G.Verbist, mafr.

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