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- 1° L’islam mobilise, souvent plus que les groupements politiques et syndicaux.
Plus nouveau est la multiplication et la vigueur d’associations islamiques de toute sorte.
Leur but : la propagation de l’islam et une meilleure éducation religieuse.
Il s’agit de réveiller la communauté musulmane et, en Afrique, de contrecarrer les efforts missionnaires chrétiens.
Du Sénégal à l’Afrique du Sud on assiste à des mutations importantes dans les
pratiques idéologiques islamiques. Ici ou là il y a une tension croissante entre une
jeunesse musulmane prompte à l’action directe et des autorités politiques laïques
dépassées…
- 2° Ces mobilisations touchent des groupes de plus en plus larges.
Ce sont des associations étudiantes qui souvent donnent le ton aux revendications
musulmanes. Ces jeunes parlent plus haut que leurs parents ou que les notables et
imams. Il y a là un phénomène de génération. Le leadership islamique est en train
de changer.
Des jeunes issus de l’enseignement primaire franco-arabe (ou islamique) viennent
grossir les associations d’étudiants (au Mali, ¼ des élèves du primaire sont
scolarisés dans ce système). Comment peuvent-ils s’insérer après dans les
structures d’Etats laïcs, que sont la plupart des pays ?
- 3° Au sein même des communautés musulmanes, cela provoque des débats, des conflits.
Question : QUI détient maintenant la parole musulmane légitime ?
On s’accuse de déviationnisme. Plus grave : on s’attaque à la laïcité de l’Etat
(associée à l’occidentalisation, voire à l’impérialisme chrétien).
On met en avant le droit musulman, la sharia.
- 4° Les ETATS africains se heurtent à deux séries de contraintes :
1 - Le caractère laïc de leurs institutions, qui leur interdit des concessions trop
importantes aux nouvelles forces islamiques qui pourraient se retourner contre
l’ordre établi.
2 - Ces évolutions islamiques se développent de façon désordonnée et conflictuelle.
Concluons :
La faiblesse de l’Etat moderne en Afrique, comme dans le monde arabe, réside dans le fait qu’il tire ses références et sa logique dans le stock culturel occidental. L’Etat en Afrique ne s’est pas encore acclimaté aux cultures indigènes.
L’atout principal de l’islam : son ancrage dans les sociétés civiles et les cultures indigènes.
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