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  Les religions face à …

EUTHANASIE – DONS D’ORGANE – CONTRACEPTION – AVORTEMENT
 
Positions défendues par les principales religions de la planète :

C : catholiques ; P : protestants ; O : orthodoxes ; J : juifs ; M : musulmans ; B : bouddhistes
 
 
EUTHANASIE :
C : Irrecevable, dans la mesure où elle consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. L’Eglise catholique est également opposée à toute forme d’acharnement thérapeutique.
P : Ils s’accordent à penser qu’une certaine euthanasie est la réplique de l’acharnement thérapeutique, et donc pas permis. Certains pensent qu’une demande du mourant d’être délivré d’un vain combat, doit être écoutée et non jugée.
O : Participer à une euthanasie est considéré comme un meurtre. Une personne malade qui choisit l’euthanasie est considérée comme une suicidée.
J : Interdite. Le renoncement à des actes médicaux (euthanasie passive) est possible.
M : Nul ne peut avancer ou retarder l’heure de la mort, qui dépend de la volonté de Dieu.
« Il est interdit de donner la mort si ce n’est pas à bon droit » (peine de mort).
B : L’euthanasie peut être perçue comme un acte de compassion, un  « coup de grâce » donné à un mourant qui lutte pour atteindre ce stade le plus élevé du destin humain qu’est la libération.
 
 
DONS d’ORGANE :
C : Autorisés. C’est une des formes les plus éloquentes de la fraternité humaine.
P : Permis. La tragédie des uns se mue en espérance pour les autres.
O : Ils méritent toutes les louanges du point de vue de la morale chrétienne.
J : C’est une action louable (mitsva).
M : Il est interdit de profaner le corps humain. L’interdiction est levée lorsqu’il s’agit de sauver une vie. Aujourd’hui, en général, les bioéthiciens de l’islam considèrent que c’est un acte de charité au bénéfice de la vie d’un autre.
B : Permis.
 
 
CONTRACEPTION :
C : « Toute action (physique ou chimique) qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation » est intrinsèquement mauvaise (catéchisme de l’Eglise catholique).
P : Ils ne voient pas de différences, au niveau des intentions, entre les méthodes de contraception naturelles et artificielles ; les seuls critères à retenir sont : l’innocuité pour les deux partenaires comme pour les enfants ultérieurement conçus ; la réversibilité ; le degré d’acceptation et de tolérance pour l’un et l’autre des partenaires ; la simplicité d’emploi et le coût de la contraception choisie, en fonction du niveau social et économique.
O : Encouragement à assumer la maîtrise de la procréation.
J : Admise après avis de l’autorité rabbinique et dans le respect du commandement de procréation (excluant l’égoïsme à deux).
M : Autorisée quand elle ne nuit pas à la santé et qu’elle est acceptée par l’épouse.
B : Pas de règle particulière.
 
 
AVORTEMENT :
C : « La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception » (Catéchisme de l’Eglise catholique). L’Eglise sanctionne l’avortement par une peine du droit canonique qui est l’excommunication (dès l’acte posé).
P : Possible en cas de détresse. Mais les points de vue peuvent énormément varier d’une Eglise à l’autre.
O : « Les femmes qui procurent les remèdes abortifs et celles qui absorbent les poisons à faire tuer l’enfant qu’elles portent, nous les soumettons à la peine canonique du meurtrier » (canon 91 du concile Quinisexte de 692)
Certains cas extrêmes, comme un danger de mort pour la femme enceinte, peuvent justifier un acte abortif.
J : Acte réprouvé. Cependant le Talmud considère qu’un fœtus devienne personne humaine seulement après le 41ème jour. Une intervention est permise durant cette période pour des cas précis.
M : Interdit. Pour un objectif thérapeutique et intervenant avant le 120ème jour de la grossesse, une intervention est permise, selon la Charia. (L’embryon n’acquiert en effet son statut d’être humain qu’à partir du 120ème jour)
B : Interdit, sauf pour des cas extrêmes, dans l’intérêt de la mère.
(in Dimanche express-n°24-17 juin 2007)
 
 

Les religions accordent toutes une valeur prééminente à la personne humaine et au respect de la vie. Mais elles n’ont pas toutes exactement les mêmes positions en matière de bioéthique.
 
 
   
(Texte proposé par le Groupe Rencontre
dans "Feuilles vertes, Juillet 2007)
G.Verbist, mafr.

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