Quelques extraits


Numéros disponibles : n°3/4 - 2006, n°4 - 2004, n°3 - 2004, n°4 - 2002.


n°3/4 - 2006

Une expérience de vie missionnaire,
exprimée d’une façon poétique…
 

Au soleil levant de ma vie,
lorsque j’étais jeune et beau,
le cœur rempli de lumière
je rêvais de changer le monde.
 
  Poussé par une Force intérieure,
sans armes ni bagages,
je partis pour des terres lointaines,
vivre chez les maîtres de l’ivoire et de l’ébène
.
J’ai tout aimé en Afrique,
ses fleuves et ses falaises
ses fleurs odorantes
et ses oiseaux colorés
ses hommes, ses femmes et ses enfants,
leurs danses frénétiques au rythme du tambour,
les fêtes des masques en l’honneur des ancêtres,
et leurs fétiches sculptés avec amour
.
 
  J’ai tout vu dans cette Afrique,
la cruauté des forts,
la patience des faibles,
le courage des femmes,
le rire des enfants.
Ces hommes, ces femmes, ces enfants
m’ont fasciné et façonné,
ils m’ont fait pleurer,
ils m’ont aimé,
ils m’ont rendu heureux.
 
  Comme un navire,
quittant les mers du monde,
la saison est venue de rentrer au port.
Mais ces hommes, ces femmes, ces enfants,
je les porte dans mon coeur
qu’ils comblent.
Je continue le voyage intérieur,
dans la paix et la sérénité,
vivant de souvenirs inoubliables,
les uns amers, les autres doux.
Et au soleil couchant de ma vie,
je rêve encore d’un monde à venir.
 
  Ils seront là, ces hommes, ces femmes, ces enfants…
Sur nos visages, plus de pleurs ni de larmes
car nous contemplerons au pays de la lumière,
la Source d’où jaillit tout bien,
Source qui n’a ni commencement, ni fin.

Yves Pauwels, Mopti (Mali)

Logo M.Afr.L’avenir de notre Société

Au mois d’octobre, 367 candidats Missionnaires d’Afrique ont commencé une année nouvelle de leur formation. Parmi ceux-ci il y en a 195 qui font la première étape (philosophie), 31 font leur année spirituelle (noviciat), 71 font un stage pastoral en Afrique et 70 sont arrivés à leur dernière étape (théologie).

Quand nous considérons les pays d’origine de ces candidats, nous constatons que 23 parmi eux proviennent de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, 29 du Brésil, de l’Inde et des Philippines, 72 de l’Afrique Occidentale, 87 de l’Afrique Centrale et 140 de l’Afrique Orientale ou Australe. Donc 82% des futurs Missionnaires d’Afrique sont des Africains mais qui, eux aussi, quittent leur pays d'origine.

Les pays d’Afrique d’où provient le plus grand nombre de nos candidats sont : la R.D. Congo (55), la Zambie (37), le Burkina Faso (36) et l’Uganda (32).

Mais, assez de chiffres. Soyons plutôt concrets en montrant des visages et en donnant des noms! Très récemment, ce 24 novembre, notre nouvelle maison de formation pour les études théologiques a été inaugurée et bénite à Abidjan (Côte d’Ivoire) par Mgr Jean-Pierre Kutwa, l’archevêque du lieu, en présence de notre Supérieur Général, le Père Gérard Chabanon et du responsable provincial, notre confrère belge, le Père Théo Caerts.

Le lendemain, 4 confrères africains y ont prononcé leur serment missionnaire et ont été ordonnés diacres. Auparavant, ces 4 candidats ont été présentés au supérieur général :

Jean-Noël Baraka BagirahikiJean-Noël Baraka Bagirahiki

est né en 1973 et vient de la paroisse de Matanda dans le diocèse de Goma (R.D. Congo). Il est l’aîné d’une famille de onze enfants. Tout jeune, il s’est vu confier la garde du troupeau de vaches de son papa et ainsi il n’a pu aller à l’école avec les autres enfants de son âge.

Mais à dix ans il reçut la permission d’aller rejoindre ses camarades. Tout au long de ses études primaires et secondaires, il a dû affronter les dangers de la guerre et aussi de longues marches à pied… Pourtant, il a tenu bon. C’est à 16 ans qu’il reçoit le baptême. Plus tard, au cours d’une retraite sur la vocation, il se sent appelé à la vie missionnaire. Peu de temps après il entre en contact avec un Missionnaire d’Afrique et s’inscrit pour une année de discernement. En 1998 il commence la première étape de sa formation initiale à Bukavu.

Il a 25 ans. Trois ans plus tard, il est envoyé au Burkina Faso pour une année spirituelle. Puis, toujours au Burkina, il fait de 2002 à 2004, son stage apostolique de deux ans dans le diocèse de Nouna. Il a bien su s’adapter aux gens de la paroisse de Solenzo et à leur culture.

En août 2004 il est nommé à « la Fraternité Lavigerie » à Abidjan, pour y commencer la quatrième et dernière étape de sa formation initiale. Il se met à l’étude de la théologie avec sérieux et intérêt et visite régulièrement des quartiers de la paroisse Ste Elisabeth en cherchant à y apporter aux uns et aux autres consolation et encouragements. Aujourd’hui il est prêt à donner sa vie au service de l’Evangile dans notre famille missionnaire.


Patrice BelemPatrice Belem

est né en 1976 à Bobo Dioulasso au Burkina dans une famille de 5 enfants ; il est l’aîné. Après ses études primaires, il entre au petit séminaire diocésain de Nasso. C’est en parcourant les diaires des pères qui ont servi au séminaire, qu’il découvre les Missionnaires d’Afrique. Attiré par leur témoignage de vie, il décide de se joindre à eux. Il va terminer ses études secondaires au collège de Tounouma tenu par les Frères des Ecoles Chrétiennes.

De 1998 à 2002, il fait la première étape de sa formation missionnaire Ouagadougou. Puis on le retrouve à Samagan dans la banlieue de Bobo Dioulasso pour une année spirituelle. En septembre 2002 il est nommé au Burundi à la paroisse St. Augustin de Buyenzi à Bujumbura. Le temps de stage est complexe. Il connaît l’insécurité sur les routes et les bombardements dans la ville. Profondément uni à son équipe apostolique, il se donne particulièrement à la jeunesse de la paroisse. Patrice multiplie les contacts avec les uns et les autres. Il a vraiment pris racine dans ce coin de l’Afrique Centrale.

En septembre 2004, il revient en Afrique de l’Ouest, à Abidjan pour y entreprendre la dernière étape de sa formation initiale. Il cherche à profiter au maximum de ses études théologiques. Chaque semaine il va retrouver les jeunes de la rue du Plateau et il met tout son cœur à les rencontrer. Aujourd’hui il est prêt à consacrer toute sa vie à ses frères et sœurs du continent africain.


Félix DraniFélix Drani

est originaire de l’Ouganda. Il est né en 1976 dans le diocèse d’Arua. Il est le sixième d’une famille de 11 enfants. Son papa a été catéchiste pendant 25 ans. La famille a dû s’exiler au Congo durant la guerre. C’est ce qui explique que Félix a connu beaucoup de déplacements et de difficultés dans sa jeunesse. Il a découvert les Missionnaires d’Afrique par une brochure trouvée à la bibliothèque. Il était attiré par ce groupe international et interculturel.

Après ses études primaires et secondaires dans différents établissements, il commence la première étape de sa formation à Jinja (Ouganda), de 1998 à 2001. Puis il est envoyé à Bobo Dioulasso (Burkina) pour faire son année spirituelle. En août 2002 il est nommé à Nielle au nord de la Côte d’Ivoire pour son stage apostolique. Mais du fait de la situation précaire qui sévit alors dans cette région, il reçoit une autre affectation à Tansilla dans le diocèse de Nouna au Burkina. Il y a appris la langue et s'est familiarisé avec les coutumes et a su se faire très solidaire avec les gens.

Fin août 2004 il se retrouve à Abidjan pour commencer la dernière étape de sa formation. Félix est calme, discret et très agréable en communauté. Il fréquente assidûment le Centre des Missionnaires de la Charité de Marcory où il aime se faire proche des plus démunis et des souffrants. Il est prêt à consacrer sa vie au service de l’Evangile au sein de notre société missionnaire.


Jean-Bosco NtihebuwayoJean-Bosco Ntihebuwayo

est originaire du Burundi, plus précisément du diocèse de Bubanza. Il est né en 1973 à Kibande. Il est le 9ème d’une famille qui compte 11 enfants. Le papa a été pendant plus de trente ans secrétaire de la paroisse de Mabahi. Jean-Bosco a connu les Missionnaires d’Afrique depuis son enfance. Leur style de vie et leur présence au milieu des gens l’ont attiré à mettre ses pas dans les leurs. Les durs événements qu’a connus le pays ont été pour lui l’occasion de remarquer leur dévouement envers les populations.

Après ses études secondaires aux séminaires diocésains de Ciya en de Kanyosha, il fait une année de discernement à Gitega. Suite à cela il fait deux années de philosophie au grand séminaire de Bujumbura. Puis il est envoyé à Bobo Dioulasso en Afrique de l’Ouest pour son année spirituelle. L’année suivante, il est au Mali pour son stage pastoral de deux ans. Il est nommé à la paroisse de Guéné Goré dans le diocèse de Kayes. Originaire d’une région où les communautés chrétiennes sont nombreuses, il a beaucoup apprécié cette expérience de première évangélisation dans de petites communautés chrétiennes vivant en bonne harmonie au milieu des musulmans et des adeptes de la religion traditionnelle. Il a été apprécié de tous.

En 2004 il vient à Abidjan pour entreprendre la dernière étape de sa formation. Il se donne à fond à ses études théologiques et chaque semaine il consacre quelques heures aux jeunes de la rue du Plateau. Au milieu de la grande diversité, il cherche à être pour chacun un signe de paix et d’amour et ainsi il veut réaliser sa vocation missionnaire dans notre Société.
Numéros disponibles

n°4 - 2004


à Toulouse
La Mission continue...
à
Toulouse
avec quatre
serments
missionnaires
et ordinations
diaconales

Le samedi 4 décembre, au cours de la célébration dominicale de l'église Notre-Dame de la Dalbade, Mgr Emile Marcus, Archevêque de Toulouse, a ordonné diacres, quatre jeunes missionnaires d'Afrique qui venaient de prononcer leur serment.
La photo les montre pendant la procession d'entrée ;
de gauche à droite, 1er rang : Prosper Mbusa, Congolais de Bukavu, Patrick Odhiambo Oketch, Kenyan de Homa Bay ;
2e rang : Jean-Paul Ilunga Litebe, Congolais de Kilwa, Mgr Marcus, Noé Ouedraogo, Burkinabé de Pouytenga.

Le samedi 18 décembre, dans l'église paroissiale St Mary Magdalen, cinq jeunes Pères Blancs ont reçu le diaconat de Mgr Michaël Fitzgerald, Missionnaire d'Afrique, pendant la célébration eucharistique du 4e dimanche de l'Avent, après avoir prêté leur serment missionnaire.
La photo les montre devant leur maison de formation.
Ce sont, de gauche à droite : Oscar Arturo Garcia Padilla, Mexicain de Morelos, Adrien Sawadogo Mamadou, Ivoirien de Boboua Daloa, Lambert Basabose, Congolais de Nyakariba, Sabu Puthen Purackal, Indien du Kerala (Inde), Peter Mateso Mulindo, Ougandais de Kilembe.
à Totteridge
...
à
Totteridge
(Londres)
avec cinq
serments
missionnaires
et ordinations
diaconales
Ces jeunes diacres Pères Blancs ont tous entre 30 et 33 ans; ils seront ordonnés prêtres pendant les vacances d'été de 2005. A ce moment nous pourrons mieux décrire leurs cheminements respectifs.
La formation missionnaire continue en Afrique...
 
Abidjan
Les six premiers étudiants d’Abidjan avec leurs formateurs : Andreas Göpfert, Jacques Charron et Michel Girard, le responsable de l’équipe. Entre Andreas et Jacques, Eugenio Bacaicoa, le Provincial.

à Abidjan
en
Côte d’Ivoire
l’équipe
fondatrice
du Foyer
appelé à
remplacer
celui de
Toulouse
Numéros disponibles

n°3 - 2004


La Mission continue à Nairobi :
quatre serments et ordinations diaconales


Maison de Nairobi
Quatre jeunes futurs Pères Blancs ont prononcé leur serment missionnaire le 21 août dernier à 15 heures en la chapelle de notre maison de formation à Nairobi, en présence du Père Waly Neven, régional du Burundi, représentant le Père Général de la Société des Missionnaires d'Afrique.

Le lendemain, le dimanche 22, ils ont été ordonnés diacres dans l'église paroissiale Our Lady Queen of Peace, South B, par Mgr Antonio Tonucci, nonce apostolique.

Thomas Bahmer, Allemagne Barthélemy Bazemo, Burkina Faso Albéric Minani, Burundi Walter Tubis, Philippines

Ils seront ordonnés prêtres l'an prochain au cours de l'été 2005.
Nous leur adressons nos sincères félicitations et nos prières, ainsi qu'à leurs familles, leurs communautés paroissiales d'origine et de destination en Afrique.


Témoignages

recueillis lors de la rencontre organisée par la Province avec les missonnaires en congé pour leur communiquer les nouvelles du pays et écouter leurs expériences de vie en Afrique.


1 - Foyer Godefroid Ngongo(*) à Goma, RD Congo.

(Témoignage du Père Lucien Van Wielendaele)
Lucien Van Wielendaele

"J'ai été nommé au Foyer il y a deux ans. Je viens d'y être remplacé par un jeune confrère Ghanéen, John Amona, qui était curé à Lubumbashi.
Des confrères avaient pris l'initiative de préparer les jeunes aspirants Pères Blancs à la première étape de formation basée au Séminaire de la Rusizi (Bukavu) : ils leur donnaient quelques cours, les habituaient au travail manuel mais surtout, ils les suivaient individuellement.
Comme le niveau des études secondaires continuait à baisser, on décida d'organiser une préparation plus systématique au Foyer Godefroid Ngongo : 23 heures de cours par semaine dont 10 de français, 4 d'anglais, 2 de religion, 3 de culture générale, 2 d'histoire et 2 de géographie ; en plus, 2 conférences spirituelles par semaine, du sport et des activités apostoliques comme la catéchèse scolaire, l'insertion dans des communautés de base, des visites à la prison, aux enfants de la rue, à l'hôpital.
On demanda aussi à chacun d'apporter une somme de 50 $ pour son entretien personnel : vêtements, matériel scolaire, nécessaire de toilette ... mais comme beaucoup n'arrivaient pas à réunir cette somme en une fois, on leur a demandé de définir eux-mêmes le strict minimum et ils ont décidé que ce serait la moitié et qu'ils trouveraient le reste par après. On les forme ainsi à se prendre en charge, quitte à intervenir selon les réels besoins de chacun. Le même système a été adopté au séminaire de la Rusizi.
Les conditions d'inscription à cette préparation sont sérieuses : avoir 23 ans au plus, avoir été accompagné spirituellement par un de nos confrères pendant au moins un an et avoir réussi l'examen d'État ; on y ajoute des tests intellectuels à cause de la valeur toute relative du diplôme de fin d'études secondaires ; ainsi cette année, sur 50 candidats, 15 seulement ont été retenus et les autres écartés pour insuffisance intellectuelle.
D'aucuns trouvent que ces conditions sont trop sévères mais l'expérience a prouvé que le tri opéré dès le départ évite pas mal de désagréments, comme de devoir, après deux ans, renvoyer les trois quarts des candidats. Il faut aussi tester à temps les motivations des candidats, d'où la nécessité de mettre au point un accompagnement sérieux dès que possible."

(*) Le Foyer de Goma destiné à la formation des jeunes candidats a été dédié à Godefroid Ngongo, un jeune Père Blanc qui, en 1969, a péri noyé avec ses deux confrères lors d'une tempête sur le Lac Kivu. Ils étaient partis de leur paroisse du sud de l'île Idjwi et se rendaient en pirogue à Bukavu, quand une tempête les a surpris ; ils ont laissé l'unique bouée dont ils disposaient, au pilote, un père de famille.

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2 - Quelle est la situation en ITURI ?

(Témoignage du Père Fernand Mertens)

Fernand Mertens

"A Mahagi c'est assez calme ; les gens (des Alur), n'ont pas permis qu'on touche à leur dispensaire et aux autres bâtiments.

A Bunia, par contre, plusieurs paroisses sont complètement détruites, d'autres moins et le Foyer de Charité de Muhito est intact. Les confrères sont repliés à Bunia. J'ai téléphoné pour savoir ce que je devais faire ; Bruno (le Responsable) m'a répondu : "Ne viens pas, on ne peut rien faire ici pour le moment". Ils sont là, occupent les deux maisons pour qu'on ne les pille pas, mais ils ne peuvent pas travailler ; ils vont parfois célébrer la messe dans les environs ; l'un d'eux s'occupe toujours des Enfants de la Rue.

L'Institut de Catéchèse est situé un peu en dehors de la ville ; c'est devenu un endroit dangereux. La ville est littéralement coupée en deux : les Hema occupent le centre et au dehors, ce sont les Walendu.

Gérard Malherbe qui avait été gravement blessé par balles et est bien remis de ses blessures aux jambes, a accepté de retourner au mois de septembre (Parti le 8/9. N.D.L.R.) et il verra s'il peut encore vivre à Bunia où il avait été nommé directeur de l'Institut de Catéchèse.

A la demande des évêques, nous projetons de remettre l'Institut en route à Pâques 2005, si c'est possible. Quant aux étudiants, ils sont aussi dans l'incertitude et on ne peut rien leur promettre, même pas l'évêque. Cet Institut de Catéchèse desservait toute la Province d'Ituri. Il est très bien adapté à la formation des catéchistes ; il hébergeait 26 familles, 7 religieuses et une centaine d'enfants ; tous entretenaient de bonnes relations avec la paroisse Nyagasanza ; les étudiants allaient y faire la catéchèse et animer les célébrations liturgiques.
Pendant les troubles ils ont longtemps tenu bon, mais, à la fin, ce fut la terreur quand le vicaire a été égorgé et le curé abattu ; les gens s'enfuyaient de chez eux et venaient s'abriter chez nous ; par deux fois nous avons demandé à la Monuc de nous protéger, mais ils ont refusé ! Finalement nous sommes partis à pied à travers la ville et ... (ici Fernand s'arrête, la gorge nouée) ... on a tué une femme devant nous ! Il fallait ouvrir les valises, les soldats ramassaient tout ce qu'ils voulaient ; si on disait quoi que ce soit, ils tiraient ! Finalement, on est arrivé à "la plaine d'aviation" après avoir eu très peur ...

La peur est encore bien présente chez certains qui ne peuvent pas envisager de retourner à Bunia dans l'immédiat ; quelques-uns ont même proposé de déménager l'Institut à Kisangani (C'est évidemment aux évêques d'en décider).
Cependant il faut bien reconnaître qu'à Bunia on a une bonne infrastructure ; il y a eu des pillages et des dégâts ; on pourrait réparer assez rapidement mais pour le moment c'est encore impossible puisqu'on ne peut pas compter sur les soldats de la Monuc.
Quand ils sont arrivés ils ont fait des démonstrations de force mais ils ne tiraient pas, même quand les rebelles les attaquaient ... jusqu'au jour où ils ont reçu l'ordre de se défendre : ils ont tiré une fois, il y a eu une dizaine de morts du côté rebelle et ... les attaques ont cessé ; ils auraient dû agir ainsi dès le début ! Il faudrait aussi que les pays fournisseurs d'armes soient mis en demeure de cesser leur trafic (l'Uganda en fournit aux Lendu et le Rwanda aux Hema)."

(Retour)

3 - L'Uganda vu par son Provincial

(Témoignage du Père Mark De Wulf)     
Mark De Wulf
L'Uganda ! Un vieux pays qui est probablement le premier pays des Missionnaires d'Afrique en Afrique subsaharienne : nous y sommes arrivés en 1879 !
Vieux pays, "vieille Église" : une Église forte, traditionnelle, orthodoxe, solide, bien installée... !
... Depuis le Père Lourdel en 1879, il y a eu 1000 prêtres et 5000 religieux et religieuses, une vingtaine de diocèses, quatre grands séminaires et des centaines de séminaristes.

Devons-nous rester dans une telle abondance ?
Nous avons répondu à la question en quittant l'ouest de l'Uganda qui fait frontière avec l'est du Congo et le Rwanda (nous n'y avons plus qu'une petite paroisse pour quelques confrères âgés) mais nos forces vives ont déménagé vers l'Est du pays, le Karamoja qui touche au Soudan et au Kenya. (Carte)
Les gens de cette région sont des pasteurs dont la culture pourrait s'apparenter à celle d'Abraham : des vaches, des chameaux, des chèvres et des gens parfaitement heureux qui savent à peine qu'ils sont en Uganda car ils ne paient aucun impôt. On pourrait dire que dans ce coin il y a tout et rien : tout pour survivre et rien pour le développement. C'est un pays montagneux mais les gens vivent essentiellement dans les plaines; depuis 15 ans que nous somme là, nous vivons la mission comme il y a cent ans, de la façon précaire dont vivent les gens. C'est donc un terrain missionnaire de première évangélisation et d'inculturation.
Il n'y a pas de musulmans mais il faut prendre en compte la culture traditionnelle ce qui produit des phénomènes parfois très curieux : dans une église-hangar comme beaucoup d'autres, le dimanche, au moment de la prière universelle, s'amène un ancien qui prie dans une langue oubliée mais encore comprise par sa génération ; il n'est pas baptisé comme les 85% de l'assemblée ; il prie pour les vaches, les femmes enceintes, contre les mauvais esprits ... et tout le monde prie avec lui ; certains confrères se sont émus : "Faut-il célébrer la messe avec de telles assemblées ?" La réponse : "Pourquoi pas ? Nous sommes dans un stade de pré-évangélisation comme il y a 100 ans". Il faut donc continuer même si peu de confrères et de jeunes stagiaires se sentent attirés à faire la mission dans ces conditions, surtout ceux qui viennent de paroisses "classiques", où se pratique une pastorale "de maintien".

Cependant, il faut ajouter que depuis 15 ans que les Pères Blancs sont au Karamoja, le pays a changé : ils y ont ouvert des routes appréciées de tous ; y ont fondé de petites écoles de plus en plus fréquentées par les jeunes : la mentalité change !

A Kampala, pour répondre aux problèmes des jeunes citadins, nous continuons à investir dans notre projet d'animation des jeunes, le "Youth Center" ; une équipe de trois confrères y travaillent maintenant à plein temps : rattrapage scolaire, ateliers, sports ... Quelques confrères exercent un ministère d'animation spécialisée : retraites, groupes de prière, enseignement, hôpital, formation d'une quarantaine de jeunes candidats missionnaires à Jinja ; les demandes sont nombreuses et on ne peut y répondre efficacement tant qu'il nous manque une structure préparatoire qui permettrait la sélection. Quant au personnel du provincialat, il se réduit progressivement. Mais il faudra renforcer l'équipe chargée de sensibiliser les jeunes aux problèmes de Justice et Paix et du dialogue inter-religieux : un confrère vient d'être nommé à cette fonction.
"L'Armée du Seigneur" qui sévit brutalement dans le Nord reste un grand problème politique...
Quant à l'engagement de l'Uganda dans la guerre de l'est du Congo, les sympathies et les antipathies restent, mais le désengagement est réel et les réfugiés quels qu'ils soient sont accueillis."


4 - Missionnaire au Niger
(Témoignage du Père Hugo Mertens)     
Hugo Mertens
L'évangélisation du NIGER a commencé très tard, en 1947, avec les missionnaires Rédemptoristes.

Nous, les Pères Blancs, sommes arrivés au Niger en 1985 avec le "Projet Haoussa" : il consistait à s'établir au milieu des Haoussas, un groupe de population important du Nord du Nigéria et du sud du Niger jamais touché par le Christianisme. Nous sommes 6 Pères Blancs dans deux paroisses du diocèse de Maradi : Zinder et Birni N'Koni ; un septième est à l'Évêché de Niamey. (Carte) Les chrétiens sont très peu nombreux, environ 600 en tout et ils représentent 0,005% de la population totale (12 millions d'habitants).

En quoi consiste notre action apostolique dans la population Haoussa ? Notre Église chrétienne même petite, doit être fraternelle, au service de tous et nous, les missionnaires de l'Évangile, devons être les premiers témoins de cette fraternité ; nous ne sommes pas là avant tout pour les chrétiens mais pour tout le monde ; nous sommes tous engagés socialement dans la société nigérienne où tout le monde se connaît ; notre Église doit privilégier les rencontres avec tous ; comme le disait le premier Évêque, Mgr Berlier, il nous faut pratiquer, en priorité, "l'apostolat de la natte" (la natte où l'on prend plaisir à s'asseoir pour les échanges). Dans une de nos paroisses, il n'y a que 3 chrétiens : 2 sœurs infirmières et un infirmier chrétien; ils se dévouent corps et âme pour une population essentiellement nomade.
Les Musulmans contestent l'authenticité des quatre Évangiles chrétiens qui, selon eux, auraient été falsifiés ; nous pratiquons donc "le 5ème évangile", celui que pratiquait Jésus : il portait une attention spéciale aux pauvres, aux marginaux et aux petits. Nous les découvrons à travers nos activités : soins médicaux, alphabétisation des jeunes et des adultes, groupes culturels, actions diverses pour la promotion de la femme, visites dans les prisons avec l'association "Prisonniers sans frontières".
Notre but est que les petites communautés chrétiennes deviennent missionnaires comme nous.
Et puis toutes sortes d'occasions de témoigner se présentent ...
J'étais monté sur un camion en direction d'Agadez ; une vingtaine de personnes étaient installées tant bien que mal parmi les cartons, les sacs, les chèvres, les bidons et j'avais trouvé à m'asseoir sur une roue de secours. Un Peuhl, sur la route, arrête le camion ; tout le monde s'écrie "Continue chauffeur, il n'y a pas place..." (sous entendu "... pour un sale Peuhl ! ") ; j'ai dit : "Qu'il vienne ici, il y a une place" et je l'ai installé sur ma roue ; arrivé à Agadez, un Iman m'a dit : "Tu as bien fait !".
Un autre jour, je revenais de Niamey en bus ; tout à coup une fumée remplit le bus ; tout le monde croit à un incendie et c'est la bousculade vers les portes ; je suis resté car je voyais qu'on avait oublié un petit enfant ; je suis allé le chercher et l'ai confié aux femmes qui étaient sur la route ; l'une d'elles m'a dit : "Nous avons toutes eu peur : mais toi, tu as la foi !".

Cette musulmane disait tout haut, que notre façon de prêcher par l'action, est bien plus efficace que tous les sermons que peuvent déverser des haut-parleurs, trois fois par jour.
L'Islam des Nigériens est tolérant depuis des siècles et ils ne sont pas près d'en changer... Certains mouvements armés, "salafistes" et "wahhabites" essaient pourtant de recruter des jeunes qui seraient prêts à suivre une formation de kamikaze ; le gouvernement condamne ces mouvements et les jeunes sont invités à prendre leurs distances ; l'un d'eux a déclaré aux recruteurs : "Si vous voulez que nous allions en Irak, commencez par y aller vous-mêmes puis nous irons nous aussi !".
Sur la soixantaine d'organisations musulmanes, 50 sont reconnues comme bienfaisantes et trois ont été interdites.
La grande majorité de nos collaborateurs sont musulmans convaincus, mais ils acceptent notre façon de travailler et, en ces temps troublés, le gouvernement est surtout préoccupé de donner une nouvelle image apaisante de l'Islam et de collaborer avec les Églises pour la paix.


Numéros disponibles

n°4 - 2002


Serments missionnaires et ordinations diaconales

Quatorze jeunes arrivent à la fin de leur formation et, très bientôt, ils vont prononcer leur serment de Missionnaires d'Afrique chacun dira:

En présence de mes frères assemblés et de vous, Père,
moi, ... je fais serment sur les Evangiles,
de me consacrer, désormais et jusqu'à la mort,
à la mission de l'Église en Afrique
selon les Constitutions des Missionnaires d'Afrique
placés sous la protection de Marie, Reine de l'Afrique.


Ce sera d'abord à Toulouse,
le samedi 7 décembre

Bonaventure Bosco Gubazire (Ouganda)
Pingwendé Roger Ouédraogo (Burkina Faso)
Gonzalo Martin Bartolomé (Espagne)
Luisito Suarez Poe (Philippines)
Michel Ouédraogo (Burkina Paso)
Emmanuel Vabié Tredou (Côte d'Ivoire)




puis à Londres,
le samedi 14 décembre

Angola T.Ngetwe (Tanzania)
Emmanuel Mambwe (Zambia)
Evaristo Mwelwa (Zambia)
Brother James Cordon Calder (Canada)
Jérôme Ndollesha (Zambia)
José Aparecido Marques (Brazil)
Sosthène Charlemagne Palm (Burkina Faso)
Vennance Rweyunga (Tanzania).

Le même jour, treize parmi eux seront ordonnés diacres en vue de la prêtrise, le quatorzième étant un frère non-prêtre.

Remercions le Seigneur de les avoir choisis pour que la Mission continue.

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