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Site Lavigerie des Missionnaires d'Afrique (Soeurs Blanches et Pères Blancs belges) |
| CROIRE, HIER ET AUJOURD'HUI
3. CROIRE EN « DIEU » |
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« Dieu », c’est un mot inventé par les humains pour dire quelque chose d’indicible et pourtant d’importance vitale. |
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Nombre d’Occidentaux croient que « derrière » le big-bang (l’origine de l’univers) il y a Quelqu’un ou Quelque Chose. Beaucoup lui donnent le nom de « Dieu ». Et ce « Dieu » ils le posent comme un postulat pour expliquer que notre existence vient « d’ailleurs » et non pas de nos propres mains.
D’autres par contre sont convaincus que l’existence peut très bien s’expliquer sans « un dieu ». La physique moderne les confirme dans cette conviction. De fait, si toutes les parties de l’univers sont mutuellement dépendantes, pourquoi la totalité ne se fondrait-elle pas sur elle-même ? Les premiers, on les appelle croyants ; ils peuvent l’être de mille manières. Les autres, prennent nom de incroyants ou athées ou agnostiques, et, là aussi, mille manières de l’être. Les premiers ne peuvent rien prouver, les seconds pas davantage : leurs positions sont un postulat qu’on ne prouve pas, qu’on admet.D’autres encore estiment que notre besoin d’un « dieu » doit se chercher dans le fait que nous habitons un monde où il est difficile d’être humain, malgré nos aspirations profondes. Pour être vraiment humain, Qui ou Quoi faut-il considérer comme un absolu ? Certains philosophes ou théologiens appellent divins la Vérité et l’Amour : |
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« Dans toute religion, les hommes se cherchent un ancrage pour eux-mêmes. La vérité et l’amour constituent sans aucun doute des forces capables de régler leur existence et de la rendre humaine. Mais un homme n’en acquiert la possibilité que par la confiance d’être, en tant que personne, inconditionnellement désiré et voulu par une autre personne absolue. Dans cette confiance seulement il trouve la voie vers sa propre vérité et vers la vigueur de son propre amour. A considérer ainsi les choses, ce partenaire absolu, ce point de référence à notre quête de vérité et d’amour, prend nom « Dieu », base personnelle d’une confiance qui nous donne la capacité de vivre en tant qu’êtres libres… » E. Drewermann, Is er Hoop voor het Geloof ? 2000, p.236. |
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![]() Quelle que soit la raison d’en appeler à une “divinité”, nous ne pouvons nous en faire qu’une image pour nous la représenter et surtout entrer en relation avec elle. Le danger serait de croire que nos images indiquent ce qu’elle est ! Car le divin est inconnaissable. Il dépasse nos possibilités et nous l’appelons donc « le transcendant ». Aussi le Judaïsme et l’Islam qui parlent du divin en tant que personne défendent, de manière absolue, d’en faire des représentations. ![]() Il est donc normal que dans l’histoire des hommes comme dans la Bible elle-même, diverses images de Dieu se succèdent. Ne faut-il pas en déduire que la foi en Dieu n’entend guère comprendre le divin, encore moins le définir ? Le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam l’ont pourtant essayé, pendant des siècles. Aussi comprend-on que de nombreux hommes, aujourd’hui, réagissent contre certaines images de Dieu et affirment qu’ils n’ont plus besoin de ce « Dieu ». • Quel est ce Dieu que les athées rejettent ? Quel est ce Dieu dont les jansénistes nous imposaient les lois ? Quel est le Dieu des chrétiens charismatiques ? Quel est le Dieu d’un musulman de l’Ouest africain ou d’un militant islamiste ? Quel est le Dieu dont nous parle notre langage liturgique ? • Est-il semblable à celui-ci ? « Dans un monde surnaturel il existe des êtres célestes : anges, séraphins, chérubins et autres. Au centre, Dieu. Il règne en monarque absolu. Il crée la vie, il crée l’homme. Il lui prescrit comment vivre et agir par l’entremise de prophètes, voyants, sages, prêtres et lois. Dieu est pasteur, seigneur, roi régnant sur le monde d’une autorité absolue et intangible. Il est le symbole d’un Pouvoir exigeant obéissance inconditionnelle, récompensant le bien et punissant le mal : le Dieu du jugement et de la condamnation, avec toute la violence que cela implique. » • Ou est-il semblable à celui-là ? « Israël a progressivement découvert son Dieu comme un Dieu de justice, prenant partie pour la vie, pour la dignité et le bonheur des humains – des plus pauvres, des plus opprimés et des plus exclus d’abord. Cette image de Dieu épurée se fait finalement la figure paternelle, aimante et compatissante du psaume 103, que Jésus appela familièrement Abba, papa chéri… » (Marc Van Tente, dans TGL, 2005-1, P. 26). • Quel est ce Dieu que les mystiques désignent avec tant de prudence ? Quel est ce Mystère indicible qu’ils semblent expérimenter telle une Présence infiniment aimante, où ils se sentent plongés et pourtant incapables d’en parler adéquatement ?Leur expérience de Dieu ne nous avertit-elle pas que nous sommes acculés, si nous voulons malgré tout dire quelque chose au sujet de l’Indicible, à user de symboles, d’images et de récits (mythes), qui ne peuvent jamais être compris littéralement ou historiquement ? (Van Tente, ibid. p. 30).
• Et nous, aujourd'hui ? Avec quelle image de Dieu nous sentons-nous à l’aise ? De laquelle pouvons-nous témoigner ? Il va de soi que notre terminologie au sujet de Dieu ne sera jamais le souci majeur de notre foi. Quand nous disons : « Je crois en Dieu » il s’agit finalement, non de notre raison, mais de notre cœur ; non d’un assentiment rationnel, mais de l’engagement de tout notre être. ![]()
L’essentiel de la relation croyante avec Dieu est bien cette appartenance, ce lien, cette alliance. Le fil rouge traversant toute la Bible est précisément celui de l’ « Alliance », exprimée non seulement en termes juridiques (la Thora), mais en termes de plein engagement, en termes de relation homme-femme faite d’émotion et d’affection, en termes d’épousailles prometteuses, de fidélité (telles que décrites par Osée 1-3, 11 ou Ezéchiel 16 ou le Cantique des Cantiques). A nos yeux, cela est pleinement illustré et réalisé en la personne de Jésus. Non seulement il parle de Dieu et à Dieu à partir de son attachement affectif, mais en outre il laisse deviner combien son enracinement en Dieu est porteur de tout ce qu’il fait et dit. Oui, à nos yeux il est vraiment l’Icône de « notre croire en Dieu ». |
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