Lavigerie : Site officiel des Missionnaires d'Afrique (Soeurs Blanches et Pères Blancs belges)
               
  Une nouvelle colonisation de l'Afrique ?

NEWS - NOUVELLES AEFJN - 07/07 N. 14

 
La face cachée des cultures de Jatropha
pour Biocarburants.

 
 

JATROPHA n. m. Herbe ou arbuste, rarement arbre, des régions chaudes de l'Amérique du Sud. (Ces plantes à feuilles alternes, de la famille des euphorbiacées, ont des fleurs le plus souvent unisexuées, réunies en cymes ; le fruit est une capsule à trois coques. Jatropha curcas, encore appelé "médicinier", "pourghère" ou "gros pignon d'Inde", produit une huile semi-siccative utilisée en savonnerie, en médecine et comme combustible...)
(Grand dictionnaire encyclopédique Larousse. p. 5823)
 
 

Les promoteurs de nouvelles cultures de rente clament haut et fort tous les avantages de la culture de Jatropha : « survit à la sécheresse, pousse dans des sols arides, croissance rapide, nombreuses utilisations possibles de toutes les parties de la plante, production de biodiesel très facile,… ».

Les ‘Agri-businessmen’ justifient le développement de monocultures pour ‘biocarburants’ par la lutte contre la pollution des carburants de transport et le changement de climat dans le Nord, et par une opportunité de développement dans le Sud. Leur lobby est très actif. Ainsi, le comité d’experts que la Commission européenne a mis en place en 2005-2006 pour la conseiller sur la politique des biocarburants à envisager était composé d’experts…issus des industries automobile et pétrolière et des compagnies de biotechnologie ! Il est vrai que vendre de l’huile de Jatropha pour biocarburant rapporte plus que pour la nourriture, mais à qui cela rapporte-t-il ?

Car les monocultures, qu’elles soient de coton, de banane ou de Jatropha, posent toujours le même problème, à savoir : monopole de la chaîne de production et de vente par des Sociétés Transnationales qui ne s’encombrent pas du respect des besoins premiers de la population où elles développent la culture (concurrence en terre, en eau, avec la nourriture), ni du souci de l’environnement ou de la biodiversité (par l’introduction de monoculture sur de grandes étendues, d’OGM et la déforestation), et encore moins de la dépense d’énergie pour transporter autour du globe le biocarburant produit !

De son côté, l’européen de la rue ignore que derrière la promotion des ‘bio-carburants’ se cache une industrie de business et de nombreux problèmes agricoles et sociaux. Il n’imagine même pas que l’on mente sur la vocation du ‘bio’(-carburant). Certes, il accueillera moins facilement le biocarburant quand il fera le lien entre la hausse du prix de son alimentation (végétaux et indirectement la viande) et l’orientation des productions agricoles vers les carburants.

Sachons lire entre les lignes. Exigeons des rapports complets et corrects, la priorité des droits humains et des ODM que nos Etats ont signés, mais aussi une révision de la consommation et de la production d’énergie dans son ensemble.

Surtout, ne laissons pas une nouvelle colonisation se mettre en place en Afrique.
 
 
Contacter AEFJN : aefjn@aefjn.org
 
 

Webmaster

Retour au menu